Ces dernières années, de nombreux travaux ont été consacrés au développement des ordinateurs quantiques, des machines exploitant les principes de la physique quantique pour résoudre des problèmes mathématiques trop complexes pour les ordinateurs classiques.
Si un ordinateur quantique à grande échelle voit le jour, il pourrait casser les systèmes de chiffrement à clé publique actuellement en usage, ce qui compromettra la confidentialité et l’intégrité de nos communications. Ce problème est déjà d'actualité, puisque qu'un attaquant pourrait intercepter et stocker des données chiffrées aujourd'hui, en attendant que des ordinateurs quantiques suffisamment puissants soient développés pour les déchiffrer à l’avenir.
La cryptographie post-quantique vise à concevoir des systèmes cryptographiques capables de résister aussi bien aux attaques des ordinateurs classiques que quantiques, tout en restant compatibles avec les protocoles et infrastructures existants.
Le NIST (National Institute of Standards and Technology) est une organisation américaine qui établit des standards technologiques utilisés dans le monde entier. Depuis plusieurs années, il mène un processus rigoureux pour sélectionner les meilleurs algorithmes de chiffrement post-quantique afin d’assurer la sécurité des communications à l'avenir.
HQC - Un nouveau standard
Le NIST vient d’annoncer la sélection de HQC comme second standard de chiffrement post-quantique, parmi les quatre schémas encore en lice (BIKE, HQC, Classic McEliece et SIKE). HQC repose sur les codes correcteurs d'erreurs, des problèmes mathématiques différents de ML-KEM (ex-KYBER), l’autre algorithme standardisé pour l'échange de clé en 2022. Cela signifie que, si une faille était découverte dans ML-KEM, HQC pourrait prendre le relais et continuer à sécuriser nos données. Ce second choix vient cloturer un long processus de standardisation commencé en 2017.
Le laboratoire XLIM et l'Institut Mathématique de Bordeaux ont joué un rôle central dans le développement de HQC. Cette reconnaissance par le NIST témoigne de l’excellence de la recherche en matière de cryptographie et de cybersécurité développée en Région Nouvelle-Aquitaine.
Félicitations à Carlos Aguilar Melchor, Nicolas Aragon, Slim Bettaieb, Loïc Bidoux, Olivier Blazy, Jean-Christophe Deneuville, Philippe Gaborit, Edoardo Persichetti, Gilles Zémor, Jurjen Bos, Arnaud Dion, Jerome Lacan, Jean-Marc Robert et Pascal Veron pour cette réussite !